La Crète au fil des siècles


1.  La période néolithique  (8000 à 2600 av. J-C)

    La Crète a été habitée à l'époque néolithique, dès 8000. Les premiers habitants vivaient dans des grottes et utilisaient des outils en pierre taillée. A Nea Roumata, sur la route Chania-Sougia, les archéologues ont mis au jour une sépulture de l'époque néolithique.


2.  La période minoenne  (2600 à 1100 av. J-C)
Elégances minoennes
                                                         
    La civilisation minoenne (du nom du roi mythologique Minos de Knossos) prend un rapide essor. Les  Minoens qui disposent d'un flotte puissante règnent sur de nombreuses îles de la mer Egée. L'absence de murailles défensives autour des villes témoigne d'une ère de sécurité et de paix. L'âge d'or de la période minoenne se situe entre 1700 et 1450. C'est l'époque des palais de Knossos, Phaestos, Zakros, Malia. Plusieurs tremblements de terre très violents ruinent les palais qui sont immédiatement reconstruits (1700, 1450). Après 1450, des échanges avec Mycènes sont attestés. Le déclin s'amorce vers 1300. Des peuplades grecques émigrent sur l'île et de nouvelles villes et palais apparaissent spécialement dans l'ouest de la Crète.


3.  L'ère post-minoenne et hellénistique  (1100 à 69 av. J-C)
Les Grecs Doriens vers 1100 détruisent Mycènes sur le continent et  envahissent la Crète où ils installent une forme de gouvernement aristocratique, dont le code des Lois de Gortyne est le reflet. Pourtant la civilisation minoenne survit dans quelques villages isolés habités par les Etéocrétois. Plusieurs villes-états grecques se développent : Lato, Itanos, Gortyne, Kydonia, Aptera. Elles sont en constante rivalité et la guerre civile ravage la Crète. Rome en 69 av. J-C conquiert la Crète qui était pour elle un point stratégique essentiel pour la maîtrise de la Méditerranée orientale.
Les "Lois" de Gortyne en écriture boustrophédique
 
4.  La Crète, province romaine  (69 av. J-C à 395 de notre ère)
Villa romaine à Aptera

    Sous les Romains, Gortyne qui avait toujours été l'alliée de Rome, devient la capitale de l'île. La Crète devient province romaine. La population croît et d'autres grandes villes se développent: Aptera, Polirinia, Hersonissos
. Les Crétois ne jouent pas un rôle important dans les activités politiques ou culturelles de l'empire romain.



5.  La première période byzantine  (395 - 824 de notre ère)
Basilique de Saint Tite à Gortyn

Province à part entière de l'empire byzantin, la Crète est gouvernée par  un général byzantin. Cette période voit l'expansion du christianisme en Crète et la construction d'une quarantaine de basiliques parmi lesquelles on compte:
Gortyne, Sougia, Itanos, Hersonisos, Elounda.


6.  L'occupation arabe   (824 - 961)

     A  partir de 824, les Sarrasins envahissent la Crète, détruisent Gortyne et font de l'île une base pour les pirates qui écument la Méditerranée orientale. On leur doit la fondation d'Héraklion (Candie) qui doit son nom au fossé dont ils entourèrent la ville (el Khandak = fossé en arabe).



7.  La seconde période byzantine   (961 - 1204)

    En 961, le général byzantin Nicéphore Phocas reprend Candie après un siège de quatre mois et reconquiert toute la Crète. Nouvel essor du christianisme et construction de nombreuses églises et monastères dans toute la Crète : la Panagia de Kritsa, St Michel Archange à Episkopi, Kir Yannis à Alikianos, les monastères de Prévéli, de Gouverneto, d'Agia Triada, d'Arkadi, de Toplou etc.
Monastère fortifié de Toplou


8.  La période vénitienne   (1204 - 1645)

    En 1204, l'empire byzantin est démembré par les Croisés qui occupent Constantinople. Boniface de Montferrat occupe la Crète qu'il vend ensuite aux Vénitiens à qui elle était très utile comme carrefour pour leurs intérêts commerciaux en Orient. Le régime vénitien très dur au début, s'assouplit progressivement et réussit à exploiter efficacement les ressources de la Crète dont les produits acquièrent une renommée dans toute l'Europe.      
Après la chute de Constantinople aux mains des Turcs en 1453, beaucoup de savants et d'artistes émigrent en Crète, faisant de l'île un centre d'arts byzantins. L'Ecole Crétoise de peinture allie les influences de la Renaissance italienne avec les caractéristiques de l'art byzantin. Dominikos Theotokopoulos (1541-1614) qui deviendra El Greco à Tolède, étudie la peinture à Candie, notamment avec Damaskinos un peintre d'icônes crétois renommé.
Devant la menace turque qui se fait plus précise, de nombreuses forteresses sont édifiées :
Chania, Rethymnon, Héraklion (le Megalo Kastro), Sitia, Paléochora, Agia Roumeli, Frangokastelo ...

Partie avancée de la forteresse de Chania

9.  La période ottomane   (1645 - 1898)
    En 1645, Chania tombe la première aux mains des Turcs. En 1646, c'est le tour de Rethymnon. Heraklion  assiégée depuis 1648, finit par se rendre le 17 septembre 1669 après 21 ans de résistance.  La Crète entière est désormais sous domination ottomane. La population chrétienne persécutée et réduite en esclavage se soulève régulièrement et subit des répressions impitoyables. En 1770, une première rébellion dirigée par Daskalogiannis (dont le nom a été donné à l'aéroport de Chania) réussit dans un premier temps, mais est écrasée ensuite.
    En 1821, quand éclate la guerre d'indépendance de la Grèce, les Crétois se soulèvent à nouveau. La rébellion sera matée par les Turcs avec l'aide du pacha d'Egypte. En 1832, l'indépendance de la Grèce est reconnue par les nations, mais la Crète n'en fait pas encore partie et reste sous le joug turc.
    En 1866, éclate la grande révolution crétoise. Au cours de cette révolte, se situe l'épisode de
Moni Arkadiou où des centaines de Crétois avec femmes et enfants, réfugiés au monastère et assiégés par les Turcs, se font sauter avec la poudrière plutôt que de tomber vifs aux mains des assaillants.
La mosquée des Janissaires à Chania

10.  La république indépendante de Crète (1898 - 1913) et l'union à la Grèce

    L'intervention des puissances (Angleterre, France, Italie et Russie) en 1898 aboutit à l'expulsion des forces turques de l'île qui devient indépendante  sous la tutelle des grandes puissances. Le prince Georges, le plus jeune fils du roi Georges de Grèce, assume les fonctions de haut-commissaire. Mais les Crétois aspirent à l'union avec la Grèce. En 1905, la révolution de Theriso, menée par Elefthérios Vénizelos, aboutit à l'abdication du prince Georges. Proclamée en 1908, l'union à la Grèce devient effective en décembre 1913, Vénizelos étant devenu premier ministre de Grèce. Par le traité de Londres, le sultan Mehmet V renonce à ses droits formels sur la Crète.

11.  La Crète pendant la seconde guerre mondiale
    En 1940, les troupes de Mussolini attaquent en Grèce du Nord et sont tenues en échec par l'armée grecque au sein de laquelle combat la division crétoise. En avril 1941, ce sont les troupes allemandes qui reprennent l'offensive et occupent rapidement la Grèce continentale. Le 20 mai 1941, l'élite des unités aéroportées allemandes est lancée sur la Crète. Elles ont en face d'elles 30.000 hommes du Commonwealth mal équipés qui, avec l'appui de 12.000 Grecs, offrent une résistance acharnée. L'issue demeure indécise et les combats causent des pertes très lourdes de part et d'autre. Finalement, la prise du terrain d'aviation de Maleme près de Chania, assure aux Allemands un avantage décisif. Le 30 mai, la bataille prend fin. Une partie des troupes alliées se retire par la montagne sur la côte sud (Chora Sfakion et Prévéli notamment) d'où elles seront évacuées vers l'Egypte.
    Un réseau de résistance s'organise dans les montagnes, les grottes, les monastères. Les actes de résistance se multiplient dont le plus spectaculaire est l'enlèvement le 19 avril 1944 du général Kreipe, commandant militaire de l'île. Dans la région plusieurs villages, tels Kandanos (dès le début de l'occupation en 1941) et Koustogerako
(début octobre 1943), subissent des représailles brutales.
Monument commémoratif à Koustogerako



Accueil | Maison | Montagne | Mer  | Région | Calendrier | Tarifs | Réserver | Contact | Galerie |